Un aéronef sorti de piste bloque l'activité commerciale à l'aéroport de N'djili pendant 48 heures
  • dim, 12/05/2024 - 15:17

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1608|VENDREDI 10 MAI 2024.

Un avion cargo de la compagnie aérienne Serve Air Cargo, propriété de l'Indien Harish Jagtani également propriétaire de la société Modern Construction, a bloqué dimanche 6 avril et lundi 7 avril l’exploitation commerciale sur la piste de l’Aéroport International de N’djili, FIH.

DES VOLS DEPUIS L'EUROPE ANNULÉS.
L’aéronef, en provenance de l’arrière-pays venait de faire un atterrissage mais a terminé celui-ci par une sortie de piste.
Ce grave accident est intervenu dimanche et le lendemain lundi 7 avril, aucune desserte depuis une capitale européenne n’avait pu avoir lieu.

L’Airbus 330-330 SN Brussels Airlines (SN 357 BRU-FIH) qui avait embarqué une centaine de passagers à l’aéroport international de Zaventem à Brussels est resté cloué au sol pendant plusieurs heures attendant que l'aéronef de Serve Air Cargo accidenté soit dégagé, et que l’autorisation de décollage soit donné à l’Airbus 330-330 SN Brussels Airlines.
Le vol SN 357 a fini par être annulé et les passagers pris en charge et logés dans des hôtels dans les environs de l'aéroport bruxellois.

La veille dimanche, certes, les avions Brussels Airlines et Air France avaient pu atterrir sur la piste de N'Djili et décoller mais à certaines conditions, a-t-on appris : pour des raisons de sécurité au décollage tout au moins, les avions devraient être « relativement légers ».

Le lendemain, un vol Ethiopian Airlines en provenance d'Addis-Abeba, en Éthiopie, a pu cependant atterrir aux heures de midi et a redécollé sans problème.

« Tout revenait finalement au commandant de vol de savoir si l’atterrissage et le décollage sur une telle piste pouvait ou non être dangereux », a expliqué une source à la direction de l’aéroport international de N’djili. « Le non-décollage de l’Airbus de SN Brussels Airlines depuis Zaventem-Brussels peut également trouver une explication dans les mesures strictes appliquées dans l’espace aérien européen », a ajouté une autre source ayant requis l’anonymat.
Qu’est-ce qui a pu expliquer la sortie de piste de ce cargo ? L’état défectueux de la piste ? « Rien de tout cela », répond le Commandant de l’Aéroport International de N’djili, Michel Otshudi Okitandjo.

« La piste est parfaite et s’il y avait le moindre problème, les avions des compagnies internationales n’auraient jamais ouvert une escale », poursuit-il.

Selon des éléments de sa biographie, l'Indien Harish Jagtani a atterri à Kinshasa à 20 ans. En 1995, il travaille pour Ganesha, une société d’importation dirigée par un commerçant indien. Moins de dix ans après, « fort de ses succès commerciaux», le jeune Indien « crée » une première compagnie Services Air dont il est « actionnaire et président du Conseil d’administration ».

« En 2003, il n’était pas riche, il vivait dans un appartement de deux chambres dans l’un des immeubles occupés par les Indiens près du grand marché, c’est la poubelle de Kinshasa », raconte un familier. Un autre assure que « Harish a commencé comme un simple employé, sa mère avait un service traiteur pour nourrir les commerçants indiens de la capitale ».

QUELLE SANCTION ENCOURT LA SOCIÉTÉ?
Mais Services Air - qui deviendra plus tard Serve Air « décroche un marché exceptionnel, celui des élections de 2011. Aux côtés des avions des armées angolaise et sud-africaine, deux régimes à l’époque alliés de Joseph Kabila, Services Air assure le déploiement du matériel pour ces scrutins. (...).

Un ancien haut responsable de l’État se souvient du montant « astronomique » des factures présentées par Services Air. « C’était Augustin Katumba Mwanke lui-même - à la fois conseiller officieux du jeune chef de l’État congolais et architecte de son régime décédé peu après, le 12 février 2012, dans un crash d’avion- qui appelait pour demander le paiement de ces arriérés », confie ce dignitaire. « Serve Air est aujourd’hui la meilleure compagnie de fret du pays avec plus d’une dizaine d’avions et 200 millions de $US de chiffre d’affaires », assure un familier de Harish Jagtani.

Reste des questions qui restent à se poser. Un avion fait un accident sur une emprise aéroportuaire bloquant le trafic aérien pendant plusieurs heures comme c’est arrivé à N'djili dimanche et lundi, pénalisant l’activité commerciale sur l’aéroport, la compagnie aérienne n’encourt-elle pas une sanction ? Au fait, quelles sanctions encourt une compagnie aérienne en cas de préjudice subi par l'aéroport? Que peuvent, en l'espèce, avoir prévu les textes? Ou que peuvent-ils n’avoir pas prévu ?

La Régie des Voies Aériennes-Société Anonyme, RVA-SA, aurait-elle continué à pleurnicher si le blocage de l'aéroport avait continué trois ou quatre jours, par exemple?
ALUNGA MBUWA.


Related Posts

About author

Portrait de ALUNGA MBUWA