Octroi de visa Schengen aux Congolais, le double langage belge
  • lun, 25/05/2026 - 14:25

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1664 | LUNDI 25 MAI 2026.

La Maison Schengen (CEV, Centre de traitement des visas) à Kinshasa, située avenue du 24 juin, à la conjonction des communes de Lingwala et de la Golmbe, est-elle fermée aux Congolais ? Pourquoi cette impossibilité d'obtenir un rendez-vous pour les demandeurs de visas Schengen?

À en croire l'ambassadeure de Belgique à Kinshasa, Roxane de Bilderling, aucun problème ne se pose vraiment. Elle reconnaît certes des «retards» dans l'obtention d'un rendez-vous, mais explique cela de diverses façons : d'abord la forte demande.

En 2025, la maison Schengen avait traité 40.000 dossiers de demande des visas et au milieu de l'année 2026, les demandes en sont déjà à plus de 20.000 et des formulaires des rendez-vous, continuent de tomber. Ensuite, le piratage de son système informatique par des agences de voyage qui aident les demandeurs de visas contre des prix quand «cette procédure est gratuite et ouverte à tout le monde».

Il est vrai, il y a des demandeurs de visas qui vont jusqu'à payer 500 $US voire 3.000 $US auprès de ces agences.

QUID DE LA MINISTRE?
«Le jour où plus personne ne fera appel aux agences il n'y aura plus ce problème », a déclaré Roxane de Bilderling.
Mais elle assure que la maison Schengen a mis en place un système informatique plus verrouillé et plus robuste pour empêcher ces agences de continuer à pirater la plate-forme afin d'empêcher que ces agences ne soient plus les premiers à s’approprier les dates des rendez-vous mises chaque jour à la disposition des demandeurs des visas.

«C’est difficile mais c’est possible pour prendre des rendez-vous au centre de traitement des visas au Congo car chaque jour plus au moins 250 rendez-vous sont ouverts à des heures différentes», a poursuivi l'ambassadeure.
Avant d'aider les demandeurs de rendez-vous. «Pour avoir un rendez-vous, il faut encoder les données au formulaire ainsi qu’au passeport pour obtenir un numéro de référence et décrocher un rendez-vous».

Il semble que les demandeurs qui ont dans le passé obtenu un visa Schengen «ont le privilège d’un bref délais du traitement de leurs dossiers, mais le service Schengen est ouvert même aux premiers venus. Mais il faut continuer à essayer à des heures différentes, la plate-forme est ouverte », a-t-elle encore déclaré.

Un discours d'une dame, présentée par les médias belges comme «la première femme à occuper l'un des postes phares de la diplomatie belge», c'est-à-dire, Kinshasa - «une vraie dame de fer quand il le faut ; une personne qui peut être très ferme» - et qui surprend quand le 14 avril 2026, Anneleen Van Bossuyt, la ministre belge chargée de l'Asile et de la Migration en visite de travail à Kinshasa avait durci le ton face à l'explosion de demandes d'asile congolaises.

Issue du parti nationaliste flamand (anti-migration), Anneleen Van Bossuyt avait brandi des statistiques alarmantes - le nombre de demandes d'asile a doublé en deux ans, passant de 1.250 en 2023 à 2.500 en 2025. Le premier trimestre 2026 a déjà enregistré près de 450 dossiers. Mais le taux d'approbation est en chute : il est passé de 14% en 2025 à seulement 10% au premier trimestre 2026. Le message de la Belgique?

L'asile n'est pas destiné à des fins économiques. Et Anneleen Van Bossuyt a noté que la majorité des requérants proviennent de zones relativement stables comme Kinshasa, plutôt que des régions en conflit dans l'est du pays. Elle a alerté la population congolaise sur les dangers et les désillusions liés à l'immigration clandestine vers l'Europe.

Anneleen Van Bossuyt avait rencontré le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo après des entretiens, la veille, avec plusieurs responsables congolais, dont le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango.

Pour Anneleen Van Bossuyt, « il faut des changements, parce qu'on voit aussi en Belgique que la charge de la migration sur notre société - je veux dire sur notre sécurité sociale, sur l'enseignement, sur le logement, sur la sécurité - est devenue trop grande.

Donc, c'est pourquoi on devrait changer de politique (...). Je suis déterminée à reprendre le contrôle des flux migratoires vers la Belgique. On met en place la politique d'asile et de migration la plus stricte de l'histoire du pays, avec moins d'arrivées, davantage de retour et aucune tolérance pour les abus.

Cela veut dire que les Congolais malintentionnés ou qui essaient de frauder seront renvoyés au pays. Toute personne qui le fait correctement - et bien entendu, je veux aussi souligner ça - est la bienvenue pour visiter ou séjourner dans notre pays ».
ALUNGA MBUWA.


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