Le virus Ebola fait très peur au Congo
  • mer, 27/05/2026 - 15:16

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1664 | MERCREDI 27 MAI 2026.

Il avait déjà tué dans le passé des centaines de Congolais. Le voici de retour cette fois par la partie orientale du pays. La province de l'Ituri, capitale Bunia, est la plus touchée.

Depuis sa découverte en 1976 au Congo, le pays a été frappé par de nombreuses épidémies d'Ebola. La toute dernière en date s'est achevée en décembre 2025 dans la région de Bulape, au Kasaï. Cette épidémie se propage par contact direct avec les fluides corporels, provoquant des hémorragies sévères et une défaillance des organes.

Les premiers symptômes incluent la fièvre, des douleurs musculaires, la fatigue, des maux de tête et des maux de gorge. Il n'existe aucun traitement curatif contre Ebola.

Des tests préliminaires menés à l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), à Kinshasa, ont détecté le virus dans nombre des échantillons analysés, après des consultations avec le ministère congolais de la Santé et l'Institut na-tional de santé publique.

Bien que le virus soit apparu de façon sporadique à travers les provinces, cer-taines épidémies ont marqué l'histoire sanitaire congolaise par leur ampleur. La 10ème épidémie (2018-2020) a sévi principalement dans le Nord-Kivu et l'Ituri, elle est la plus grave qu'ait connue le pays et la deuxième plus importante au monde.

Elle a duré près de deux ans, causant plus de 3.470 cas et 2.280 décès. Les épidémies de la province de l'Équateur (2018 et 2020), la 9ème (2018) et la 11ème (2020) flambées ont frappé cette région de l'ouest, nécessitant des ripostes ciblées pour éviter la propagation le long du fleuve Congo.

La 13ème épidémie est apparue en octobre 2021 dans la zone de santé de Beni, dans le Nord Kivu. Elle a été rapidement circonscrite grâce aux acquis des précédentes crises et une vacci-nation ciblée.

L'actuelle, celle de 2026, la 17ème épidémie d’Ebola depuis l’identification du virus en 1976 dans l’ex-Zaïre, surnommée Bundibugyo. a déjà fait plus de 200 morts probables en moins de quelques jours et menace directement plusieurs autres pays africains, tous voisins du Congo, dont l'Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l'Éthiopie, le Congo-Brazzaville, le Burundi, l'Angola, la Centrafrique, la Zambie.

Mais chacun tente tant bien que mal de limiter la pro-pagation. À l'est, dans l'épicentre et qui fait face à des groupes armés, les ADF, groupe rebelle ougandais affilié à l'organisation État islamique, la CODECO, Coopérative pour le développement du Congo, etc., mais aussi dans les Kivu (Nord et Sud) dont des territoires sont passés sous contrôle des rebelles AFC-M23 armés et appuyés sur le terrain par des Forces Rwandaises de Défense, la Rwanda Defence Force (RDF), le virus a conduit le Rwanda et l'Ouganda (ici, cinq cas ont été recensés dont un décèsp) à fermer leurs frontières avec le Congo.

Comment le pays et le monde vont arriver à bout de cette épidémie ? Une vraie peur avec ces fermetures des frontières qui pousseraient l'extérieur à ne pas se hasarder à se rendre au Congo et les Congolais à être les mal aimés à l'étranger.

TÉMOIGNAGE.
Témoignage. « C'est un enterrement sous haute tension avec des tenues de pro-tection qui se déroule à Rwampara, ce samedi 23 mai 2026. Un malade vient de succomber au virus Ebola.

Ce virus restant très actif après le décès, il est impos-sible d'organiser des rites funéraires traditionnels. La police a été appelée pour maîtriser la colère de la population (...). Nous avons connu beaucoup de difficul-tés, notamment une résistance de la part des jeunes et de la communauté», dé-clare David Basima, chef d'équipe à la Croix-Rouge. «Cette épidémie s'annonce comme l'une des plus graves de l'histoire d'Ebola.

Elle a démarré dans une zone difficile d'accès où sévissent des groupes armés, la province de l'Ituri. «On est aussi en Ituri, un endroit où la population se déplace beaucoup», explique Flo-rent Uzzeni, coordinateur des urgences MSF. L'épidémie est en plus dans des centres urbains de plusieurs centaines de milliers d'habitants, ce qui va forcé-ment, malheureusement, aider à sa propagation».

Pour enrayer l'épidémie, les hôpitaux désinfectent toutes les surfaces, car le virus se transmet par des objets ou directement via le sang, le sperme, l'urine ou la sa-live. Une personne sur deux meurt des suites d'une fièvre hémorragique.

Alerte sanitaire internationale déclenchée par l'OMS : « Les gens sont en train de saigner du nez et des oreilles, témoigne Nicole Makasi, habitante de Mongbwalu.

C'est vraiment une épidémie d'Ebola qui est très sérieuse et nous devons être très prudents». Ni vaccin, ni traitement n'existe pour cette forme d'Ebola. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclenché une alerte sa-nitaire internationale.


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