L'inattendue riposte musclée face à l'opposition
  • mer, 27/05/2026 - 15:09

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1664 | MERCREDI 27 MAI 2026.

La riposte musclée en direct inattendue de l’Udps, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social, le parti présidentiel, face à l’opposition. Ils ont annoncé mardi 18 mai une énième coalition d’opposition, le C64.

Des opposants au parler mélenchoniste: Moïse Katumbi Chapwe, l'ancien gouverneur multimillionnaire du Grand Katanga ; Martin Fayulu Madidi, le candidat malheureux à deux présidentielles porté par des opposants qui l'ont depuis isolé ; Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu, ministre du Plan en 2006 sous Joseph Kabila Kabange ; Augustin Matata Ponyo Mapon, ministre des Fi-nances et premier ministre de Joseph Kabila Kabange, député, poursuivi pour détournement des centaines de millions de $US du Trésor public, condamné par la justice, est parvenu à s'exfiltrer du pays pour s'établir en Belgique ; Jean-Marc Kabund-a-Kabund, qui fut l'un des bras droits de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avant d'être arrêté par la justice et d'être écroué.

C64 ? La coalition s'assigne la tâche de défendre l’article 64 de la Constitution de la République («Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l'État. Elle est punie conformément à la loi »).

Les cinq opposants ont été salués (et rejoints?) par le mouvement kabiliste Sau-vons le Congo par un communiqué sans autre signature diffusé le 24 mai d'on ne sait où.

« Le Mouvement Sauvons la RDC se réjouit de voir les partis politiques de l’opposition ainsi que les organisations et forces sociales réunis au sein de cette plateforme rejoindre enfin la position qu’il défend depuis près d’une année, à sa-voir que, face à la gouvernance du régime en place, l’application de l’article 64 de la Constitution est devenue une exigence existentielle pour la Nation, l’ultime voie de salut pour la République », écrit le texte.

TOUT EST PARTI DU 6 MAI.
Le parti présidentiel Udps n’a pas attendu plus de deux jours pour donner sa ri-poste. Le mercredi 20 mai, son président a.i et député national, Augustin Ka-buya Tshilumba a annoncé la création de la Coalition C4, Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution. Le chiffre 4 symbolise l’unité natio-nale et désigne les quatre zones linguistiques du Congo, le Lingala (nord-ouest), le Swahili (est), le Tshiluba (sud-est), le Kikongo (sud-ouest). Elle vise à soute-nir plus que jamais la révision ou le changement de la Constitution.

Tout est parti de la conférence de presse du Président de la République annoncée avec grande pompe, tenue le 6 mai à Kinshasa, au chapiteau de la cité de l’Union Africaine, devant 200 journalistes et correspondants des médias étrangers, de-vant la Première ministre et des membres de son gouvernement, en direct sur la Rtnc et sur des médias en ligne.

De là sont sorties des phrases-clés : « Si le peuple me demande de rester au pouvoir, je resterai (…). Si la guerre se poursuit, il sera impossible d’organiser les élections (…). Le peuple pourrait être sollicité par voie référendaire afin qu’il se prononce sur la question du changement de la Constitution ».

Peu après, le Soft International a écrit: « Des mots tellement forts, précis qu’ils ne prêtent à aucune ambiguïté. Le Président de la République a fait sa part. Il a marqué un moment d’Histoire» (éd. n°1663, mardi 12 mai 2026).

Que pourraient/que sauraient faire demain les cinq opposants même rejoints par des Kabilistes du PPRD-FCC? Hormis la parlotte, Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu ne mobiliserait nulle part, ni dans son fief de Luiza, province du Kasaï Occidental.

Augustin Matata Ponyo Mapon ne ferait pas plus dans la ville de Kindu où il a installé une Université sortie des fonds détournés du «projet historique et disparu» du Parc Agro-industriel de Bukanga Lonzo. Ni Jean-Marc Kabund-a-Kabund dont nul ne connaît le fief, le Katanga ou le Kasaï Oriental? Ni Martin Fayulu Madidi qui ne saurait plus déambuler et mobiliser dans le Bandundu-Kwilu.

Moïse Katumbi Chapwe peut tenter de faire mal. Il en a les moyens. Encore faut-il que l’homme interdit des années durant par Joseph Kabila de remettre les pieds au Congo et de s’inscrire sur les listes électorales et, du coup, de déposer sa candidature à la présidentielle, accepte de refaire le chemin retour...

Que saurait faire désormais Joseph Kabila Kabange ? L’ancien président a quelques appuis - en reste-t-il dans l'armée après les mille arrestations pour complots - mais comment saurait-il les activer et avec quelle puissance, lui qui est affaibli économiquement et financièrement à la suite des sanctions améri-caines qui l'ont frappé le 30 avril 2026 cité comme un soutien clé aux rebelles du M23/AFC?

Certes, le rêve n'est pas interdit s'il est vrai que l’homme politique ne disparaît que lorsqu’il a mis les jambes devant. Qui aujourd’hui, sauf changement de tempo voit le C64 engranger du gain et gagner la partie alors que face à cette coa-lition se dresse le C4, une structure qui s'apprête à regrouper partis politiques, organisations de la société civile, personnalités politiques, confessions reli-gieuses, mouvements associatifs, avec pour mission de mobiliser la population en faveur du changement de la Constitution, comme l'a annoncé Augustin Ka-buya Tshilumba.

Avec le C64, le curseur est mis sur la mobilisation populaire en vue de l’adhésion massive du Peuple congolais, le souverain primaire.

« Ils ont lancé leur dynamique qui s’oppose au changement de la Constitution, et nous avons mis en place notre dynamique C4. C’est la population qui va nous départager», a répondu avec puissance Augustin Kabuya Tshilumba, le vent en poupe.

Il faut s'attendre que demain, il lance l'enregistrement solennel de ces partis po-litiques, organisations de la société civile, confessions religieuses, mouvements associatifs. Et donne le go pour aller vers le peuple.

Qui seul tranchera.

Qui pourrait arrêter (et comment) une opération qui vise à faire parler le peuple souverain dans un contexte international aussi favorable ? Il reste à bien la pen-ser, à bien l'organiser, à bien la mener pour atteindre du résultat.
D. DADEI.


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