- mar, 06/10/2026 - 09:15
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1678 | MARDI 6 OCTOBRE 2026.
Les résultats de l’Africa Risk Index, ARI, pour les cinquante-quatre États du Continent ont été dévoilés lors de la première édition d’un forum international consacré aux enjeux de risque, de souveraineté et de transformation de l’Afrique, qui venait de se tenir à Paris.
«C’est la première fois qu’un indice de résilience et de vulnérabilité souveraine couvrant l’ensemble de l’Afrique est conçu, calculé et publié depuis le continent lui-même. L’indice repose sur quatre piliers, à savoir : la macroéconomie, le système bancaire et financier, les risques externes et la gouvernance», a indiqué Junior Mbuyi, un expert congolais en finances et président fondateur d’Africa Risk.
L’initiateur du Forum a également présenté les résultats simultanés pour les cinquante quatre États du Continent, chacun étant assorti de son intervalle de confiance et d’un indicateur de fiabilité des données.
EXPÉRIENCE À l'INTERNATIONAL.
Les cadres prudentiels internationaux ont été construits pour mesurer le risque de crédit, de marché et opérationnel. Ils n’ont pas été conçus pour capturer, de façon autonome et quantifiée, le risque géopolitique.
Les superviseurs eux-mêmes en font désormais le constat: la Banque Centrale Européenne a placé la résilience aux chocs géopolitiques en première priorité de son cycle de supervision 2026-2028 et a conduit son premier test de résistance inversé (stress test inversé) entièrement consacré à ce risque, auprès de cent dix banques européennes, avec un objectif de résistance fixé à trois cents points de base de dégradation du capital.
«Plus de soixante-dix mille points de données ont été collectés et contrôlés selon un cadre de qualité inspiré des principes BCBS 239 du Comité de Bâle», a souligné Junior Mbuyi.Pour lui, l’enjeu est financier avant d’être symbolique. Une analyse commandée par la Banque Africaine de Développement, BAD, à Moody’s Analytics, portant sur quatorze années d’historique, situe le taux de perte moyen des projets africains autour de 1,7 %, contre environ 13 % en Amérique latine et 10 % en Europe de l’Est.
«L’Afrique ne devrait plus être évaluée. Elle devrait évaluer». Sur la question du portefeuille souverain, a expliqué Junior Mbuyi, la Banque mondiale relève un taux de défaut annuel proche de 0,7 %, assorti d’un taux de recouvrement élevé. «Le continent continue pourtant de payer une prime estimée à 2,9 points de pourcentage au-dessus d’un taux qui refléterait son risque réel», a déploré Junior Mbuyi.
Le Forum a également été l’occasion pour le président d’Africa Risk de présenter le Risk Calculator Engine, RCE, un moteur de quantification prudentielle destiné aux banques, aux banques centrales, aux régulateurs, aux ministères des Finances et aux investisseurs, doté d’un module de tests de résistance (stress testing).
Trois panels ont été organisés au cours de cette soirée avec des experts, des représentants de banques centrales et de régulateurs, des dirigeants bancaires et des diplomates africains. Les discussions ont porté sur des thèmes tels que : «Afrique 2050 : financer la transformation, maîtriser le risque» ; «Quelle place dans le nouvel ordre mondial ?»; «Grand Dialogue Diplomatique».
Ensemble, l’ARI et le RCE forment une chaîne allant de la donnée à la décision: mesurer une vulnérabilité, simuler sa matérialisation, et en quantifier l’impact sur les bilans bancaires et les finances publiques.
Ce forum a réuni plus de quatre cents décideurs africains et français, parmi lesquels Michel Sapin, ancien ministre français de l’Économie et des Finances, un Premier ministre honoraire du Sénégal; un ancien gouverneur de la BEAC, la Banque des États de l'Afrique centrale, institution d'émission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale et la banque centrale commune aux six États qui la constituent ainsi que les ambassadeurs du Tchad, de l’Éthiopie et du Cameroun, et Bertin Mampaka Mankamba, député francophone bruxellois, président du Parlement bruxellois. Belge d'origine congolaise.
Il faut rappeler que Junior Mbuyi est un expert en finance et stratégie avec plus de vingt-trois ans d'expérience internationale. Diplômé de l’ESG Paris et de la Sorbonne, récemment admis au sein du Global Executive MBA de l’INSEAD, classé parmi les meilleurs programmes au monde, il dirige aujourd’hui JPG Consulting Partners Group, un cabinet de conseil stratégique présent dans plus de dix pays.
À travers son engagement, il œuvre au renforcement de la stabilité bancaire, au développement de solutions financières innovantes et à la création d’un environnement propice aux investissements et à la croissance durable en Afrique.
Son parcours, de Champigny-sur-Marne aux plus hautes sphères du conseil stratégique international, porte une conviction forte : les rêves n’ont pas de code postal, écrit un site en ligne.
avec AGENCES.





