À Bruxelles, Tony Kanku Shiku écoute
  • mer, 05/08/2026 - 12:06

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1670 | MERCREDI 5 AOÛT JUILLET 2026.

Il est comme le nouveau Premier ministre du Royaume Uni Andy Burnham. Discret ! Tony Kanku Shiku, TKS pour ses intimes, est pourtant un acteur politique de tout premier plan, le chef de la troisième force parlementaire du pays, la Plateforme Électorale et Politique des Alliés Attachés au Peuple, PÉP-AAAP, dont il exerce sans faille le leadership au titre de Haut Représentant de l'Autorité Morale, le Président de la République, Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

La PÉP-AAAP compte 37 députés au sein de l'actuelle Assemblée Nationale. On peut citer des personnalités clés, d'anciens ministres incarnant d'importants et stratégiques espaces politiques et démographiques du pays, Lambert Mende Omalanga, Tryphon Kin-kiey Mulumba, Jean-Marie Kalumba Yuma, un ancien Gouverneur de la Banque Centrale Jean-Claude Masangu Mulongo, Steve Mbikayi Mabuluki, deux puissants hommes d'affaires originaires du Nord et Sud Kivu, Singoma Mwanza Hamisi et Olive Mudekereza Namegabe, deux Sénatrices Nefertiti Ngudianza Bayokisa Kisula et Isabelle Kabamba wa Umba.

Dans le Gouvernement Judith Suminwa Tuluka, TKS dispose d'une Vice-Primature de l'Économie nationale et d'importants portefeuilles, Mines, Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, Portefeuille de l'État, dirigés respectivement par Daniel Mukoko Samba, Louis Watum Kabamba, Marie Nyange Ndambo, Julie Kanku Shiku.

De là le poids de cet homme politique majeur sur la scène politique nationale à un moment de bascule avec le Dialogue annoncé par le Chef de l'État.

LA LIGNE TRACÉE DE LA PÉP-AAAP.
En séjour à Bruxelles, la capitale de l'ex-puissance coloniale pour laquelle, le Congo, selon un ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, «offre à la Belgique une lucarne sur le monde» qui permet au monde d'observer le Congo, TKS a créé un cadre et multiplié les rencontres avec des personnalités politiques et autres pour les écouter et les comprendre.

Consultations avant l'heure ? La bataille ne se prépare nullement la veille. Si toutes les opportunités peuvent être mises sur la table, les lignes rouges doivent être pensées, échangées, partagées, tracées.

Elles venaient de tous les horizons. Dans le hall de l'un des bâtiments bruxellois d'exception, chacun attendait calmement son tour sur le modèle de ce qui se passe dans l'autre immeuble du boulevard du 30-Juin. Le protocole qui appelait et accompagnait était aux aguets.

Ce jour-là, dans l'après-midi de samedi 18 juillet à Kinshasa, avant qu'il ne se rende à l'Aéroport International de N'Djili pour son vol SN sur Zaventem, TKS avait réuni ses têtes couronnées de la PÉP-AAAP - présidents de partis politiques et de regroupements, députés nationaux et sénateurs, ministres - dans la plus prestigieuse salle du Fleuve Congo Hotel, au lendemain de l'annonce publique du Dialogue faite le 17 juillet par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo lui-même à une délégation d'évêques des Églises Catholique, du Christ au Congo, de Réveil du Congo, de la Communauté musulmane du Congo.

Au sortir de la rencontre du Fleuve Congo Hotel, une déclaration politique avait été lue devant les médias, donnant la ligne de la PÉP-AAAP, qui saluait « l'engagement du Président de la République, Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à formaliser prochainement un dialogue national inclusif, dans le strict respect des institutions établies par le peuple congolais».

Puis, « le dialogue est, comme l'a toujours affirmé le chef de l'État, le point d'aboutissement idéal de la crise que traverse le pays». Pour la PÉP-AAAP, «ce dialogue doit permettre de consolider la réconciliation nationale, l'unité nationale et la cohésion nationale, considérées comme les principaux instruments pour mettre fin à l'agression rwandaise».

La déclaration condamnait la persistance de tueries de civils congolais perpétrées par les troupes rwandaises, qui continuaient d'occuper certaines zones de l'est du Congo, ainsi que par leurs supplétifs de l'AFC-M23 et les terroristes de l'ADF/MTN. Des « actions (qui) s'inscrivent en violation des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, malgré les accords de Washington».

Pour la PÉP-AAAP, «le dialogue national ne sera véritablement pertinent que s'il débouche, en définitive, sur la mise en place d'un front uni des Congolais contre l'agression rwandaise et le terrorisme de l'ADF ».

D'aucuns critiquent la Belgique, la qualifient de «minuscule État», elle n'en reste pas moins, pour le Congo, « la vitrine par laquelle le monde regarde le Congo», selon l'expression de Yves Leterme, l'homme qui fut Premier ministre de la Belgique à plusieurs reprises entre 2008 et 2011, et selon un autre Premier ministre belge Guy Verhofstadt, «le Congo offre à notre pays (la Belgique, ndlr) une lucarne sur le monde que nous ne pouvons pas ignorer et refuser».

Pour le Congo, la Belgique est un levier d'influence globale. On doit lui reconnaître son rôle historique, diplomatique et celui de hub médiatique, la plaque tournante pour l'analyse politique, les médias et les décisions européennes concernant le Congo. Qui ignore que les événements du Congo sont analysés et relayés en Europe et dans le monde depuis des canaux belges.

Le jour où il regagnera le Congo, TKS atterrira avec une belle moisson entre les mains.
ALUNGA MBUWA.


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