Les services de renseignement en état d'alerte maximale
  • lun, 26/10/2026 - 19:14

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1680 | LUNDI 26 OCTOBRE 2026.

En période de conflit quelconque et, plus encore, de conflit majeur, tels le terrorisme, la guerre avec toutes les hypothèses que cela implique - pertes de vie, viols de femmes, errance des populations, balkanisation, mieux, dans le cas du Congo, soudanisation, coup d’État, les rebelles pro-rwandais de l’AFC-M23 transformés en FRN ne s’en sont jamais cachés hier et ne s’en cachent pas aujourd'hui - les Services de défense et de renseignement civils et militaires d’un pays déclenchent automatiquement l’alerte rouge.

La France vient de vivre ces moments ces derniers jours et continue de les vivre avec les mouvements lycéens suivis de casses de boutiques, pillage, destruction de voitures, incendie d'immeubles publics et - c'est le mot - chaos dans les villes.

Emmanuel Macron, le président français, a dit « comprendre les angoisses, parfois les colères que (la) jeunesse peut avoir» mais « aucun de ces débats ou de ces craintes ne légitime la violence».

Puis : « Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos (...) Tous ceux qui ont cassé et pillé seront poursuivis et punis».

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait part de « 1.200 interpellations » dans le pays et de « 150 policiers et gendarmes blessés». Puis : « entre les forces de l'ordre et les casseurs, il faut choisir son camp». Le ministre de la Justice Gérard Darmenain a parlé de scènes « d'une gravité inouïe». Il a demandé une réponse judiciaire « extrêmement ferme ».

Depuis, la France vit des interdictions de ces mouvements dans certaines villes, connaît des itinéraires tracés par les maires eux-mêmes loin des bâtiments officiels, des couvre-feu et des bouclages, l'instauration des mesures de restriction de circulation ciblées, les arrestations, les procès qui s’ouvrent ou qui attendent, selon les lois et les pratiques françaises. Ainsi fonctionne l'État et marche la bonne gouvernance...

LIBERTINAGE.
À en croire les réseaux sociaux et des déclarations publiques, il y aurait eu au Congo plusieurs arrestations ces dernières semaines ou ces derniers mois.

Souvent, on entend ces mesures être violemment critiquées, qualifiées d’«arbitraires», de «lâches», de «provocation abjecte», de «règlement de compte», de «menace contre l’État de droit » mais souvent ces jugements précèdent la connaissance de dossiers. Signe malheureusement de «libertinage», de manque de connaissance des lois.
C’est ce libertinage qui bloque la marche en avant du pays, signe d’infiltration du Congo par des puissances extérieures ennemies.

Au fait, pourquoi ces mesures qui peuvent être décrétées et le sont sous d’autres cieux et qui sont considérées comme normales, ne le seraient pas au Congo? N’est-ce pas ces intrusions des puissances extérieures qui expliquent les faiblesses politiques congolaises ?

Le Congo aujourd’hui plus que jamais, avec l’entrée officielle dans la rébellion d’un ancien chef d’État qui a passé dix-huit ans à la tête du pays, un militaire qui n’a jamais aucune fois cessé de l’être, qui a bâti l’armée du pays, qui dispose de réseaux à l’intérieur comme à l’extérieur, devrait être considéré comme plongé dans un cas d'alerte maximale qui devrait conduire à des mesures drastiques, en clair, des mesures de vigilance renforcée.

Dans cette situation, les experts en stratégie militaire et en sécurité publique préconisent en premier le déploiement des services de sécurité et de renseignement, l’interpellation de tout individu soupçonné de collusion avec l’ennemi, etc. Cela passe par certains principes éprouvés.

La notion de ciblage (targeting) intensif, suivi des cibles prioritaires, des réseaux suspects, le renforcement au maximum des flux de communication sensibles, le besoin de renseignement concentré sur les personnes, leur identité, leur position, leur comportement, leurs contacts, leurs finances, informations indispensables pour prévenir leurs projets.

Cela passe par l'entrave qui «vise à empêcher la survenance d’un événement non désiré par tout moyen, même militaire».

Mais au départ, il y a la filière, la prévention des attentats, la neutralisation des filières et des réseaux terroristes, l’appui aux opérations militaires sur les théâtres de guerre, etc.

Une notion qui conduit à un «renforcement de l’action des services de renseignement en matière de détection et de surveillance».

Il y a aussi - on l'oublie souvent - la guerre de l'information en luttant activement contre la désinformation et la propagande adverse qui visent à démoraliser la population ou à inciter les soldats à la défection. Mais la lutte contre la guerre ne relève pas que des services intérieurs.

Le 14 octobre 2026, au lendemain de la création du FRN, le président de la République a convoqué une réunion du Conseil supérieur de la défense.

Elle fut consacrée à l’évaluation de la situation sécuritaire sur l’ensemble du pays.
Autour du président de la République, la réunion a compté la Première ministre, Mme Judith Suminwa Tuluka, le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale et des Anciens Combattants Guy Kabombo Mwadiamvita, des responsables des services de défense et de sécurité.

Le chef d’état-major général des FARDC, les Forces Armées Congolaises a présenté le bilan de la situation opérationnelle des unités militaires déployées à travers le pays.

Le porte-parole des FARDC, le général-major Sylvain Ekenge a indiqué que le chef de l’État, en sa qualité de commandant suprême des forces armées, a donné des instructions «claires» aux forces de défense et de sécurité appelées à assumer « pleinement » leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de protection des populations civiles et de leurs biens.

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ne cesse de le dire autour de lui : « Tant qu'il aura une goutte de sang qui coulera dans ses veines, il ne lâchera rien. Et la victoire est à venir...»

Cela signifie adaptation des services en termes de méthodes et d’objectifs.
Le président de la République le répète : «Nos services d'hier ne sont plus ceux d'aujourd'hui». Il faut s'en féliciter...
ALUNGA MBUWA.


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