Le Kwilu se sent honoré
  • lun, 23/03/2026 - 19:40

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1660 | LUNDI 23 MARS 2026.

On avait tant craint pour la province. Cette Conférence des Gouverneurs - la XIIIème de l'histoire - aurait-elle lieu ? Si oui, où se tiendrait-elle ? Dans le Kwilu - si oui, dans quelle ville ? - ou ailleurs, dans une autre province ?

Annoncées solennellement le 13 juin 2025 à la clôture de la XIIème Conférence organisée à Kolwezi, dans la province de Lualaba, confirmées le 11 novembre 2025 par une ordonnance présidentielle lue à la Radio-télévision nationale, Rtnc, ces assises auraient dû avoir lieu mi-décembre 2025 dans la province du Kwilu mais elles ont connu des vas-et-vient au point où le doute commençait à s'installer dans l'opinion des politiques sur la tenue effective de ces assises hautement stratégiques d'échange politico-économique national devenus une institution.

Le premier report, nul doute, s'est justifié à la suite de l'invitation du président américain Donald Trump adressée au président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de se rendre à Washington pour la signature de l'accord du 4 décembre 2025 avec le président rwandais Paul Kagame.

Dans un texte mis en ligne le 29 novembre sur le site @Presidence_RDC, le Chef de l'État annonçait ce qui suit : «Je me rendrai à Washington pour entériner l'accord signé avec le Rwanda sous l'égide des États-Unis et qui a déjà été rendu public en toute transparence ».

Pouvait-on prévoir cet agenda, à Kolwezi, à la clôture de la XIIème Conférence des Gouverneurs où la XIIIème Conférence fut annoncée? Le report de décembre n'a été rien d'autre qu'un problème d'agenda hautement diplomatique du Président de la République. Un cas de force majeure. Mais les reports suivants furent plutôt troubles, le moins que l'on puisse dire.

INFRASTRUCTURES? RUMEURS ?
Tenir des assises d'une telle importance implique des questions d'accueil. Et la situation géographique du chef-lieu de la province du Kwilu se présentait en première ligne. Y aller, pour des délégations officielles requiert la voie aérienne.
Or, l’Aéroport national de Basoko, à Bandundu, est tout - il faut le dire - sauf un aéroport aux normes OACI ou IATA.

Situé en plein centre-ville, entouré de part en part par des habitations, l’aéroport a été transformé en point de passage obligé par les riverains. On y voit même des animaux errer sur la piste. Un vrai problème de sécurité pour les personnes comme pour les aéronefs. Quant à l’état de la piste d'atterrissage et de décollage comme à celui du tarmac, impossible pour les avions d'un certain type de s'y rendre.

Il fallait donc d'urgence entreprendre des travaux. Une convention fut aussitôt signée entre la Régie des Voies Aériennes-Société Anonyme et l’Office des Routes et les fonds immédiatement mis à disposition de l'Office des Routes.

Mais la situation de Bandundu Ville, l'absence des carrières des concassés recommandés pour le béton bitumineux outre l'absence des matériaux pour l'asphaltage et le concassage, l'absence d’engins requis, les difficultés d'amener ces cargaisons depuis Kinshasa qui ne pouvait être possible que par la voie routière inexistante ou par la voie fluviale qui nécessiterait plusieurs jours voire plusieurs semaines, a bloqué l'Office des Routes qui avait gagné le marché et qui semblait vouloir renvoyer à des années-lumière l'organisation de ces assises dans la ville de Bandundu. Au fait, avait-on mûri ces questions avant l’annonce de la décision de tenir cette conférence à Bandundu Ville ?

Outre cela, la ville n'a pas d'infrastructures d'accueil. À commencer par des établissements hôteliers où logeraient les centaines d'officiels (gouverneurs, présidents des assemblées provinciales des vingt-six provinces, les ministres du gouvernement central, l'occasion de ces conférences est toujours celle de la tenue d'un Conseil des ministres, leurs délégations) et des bâtiments administratifs pouvant abriter les travaux.

L'électricité, l'eau, la voirie urbaine, etc., constituaient d'autres défis dressés face à cette conférence. Comment oublier la question majeure de sécurité dans un espace où la milice Mobondo sévit quand des rumeurs de toutes sortes sont répandues sur les réseaux sociaux ? Plusieurs descentes des dirigeants de la RVA-SA dans la province avaient conduit à des constats accablants. D'où l'annulation de la convention avec l'Office des Routes.

Sur les questions d'infrastructures, à Kinshasa, le gouvernement sensibilisé a décidé de mettre les bouchées doubles. Début mars, John Banza Lunda, ministre des Infrastructures et Travaux publics s'est rendu à Bandundu ville et à Kikwit, la grande ville de l'espace Grand Bandundu, entouré des services relevant de son secteur, l’Agence congolaise des grands travaux, l’Office des Routes, l’Office des voiries et drainage, le Fonds national d’entretien routier et le Bureau technique de contrôle.

Un déplacement qui témoignait d'une inquiétude réelle au sommet de l’État où les lenteurs dans la réalisation des travaux risquaient de compromettre l’image du gouvernement central.

Lors de cette visite, le gouverneur du Kwilu, le Dr Philippe Akamituna Ndolo avait présenté les infrastructures destinées à l'accueil des délégations, la salle prévue pour le Conseil des ministres, les chapiteaux acquis par la province pour abriter les travaux, la piste aérienne, etc. Le Dr Philippe Akamituna Ndolo a vanté les efforts consentis pour améliorer l’éclairage public, symbole d’une ville en quête de modernité.

Il restait à appuyer sur l’accélérateur, la délégation reconnaissant unanimement que, face aux échéances, le rythme d'exécution des travaux était inacceptable.
Mais voilà que malgré toutes ces craintes, la XIIIème Conférence des Gouverneurs se tient dans le Kwilu, dans l’espace Grand Bandundu.

C'est signe d'une parole donnée et tenue par la plus haute Autorité du pays, le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Selon le programme qui se murmure dans certaines oreilles - à encore préciser - le président de la République profiterait de sa présence à ces assises pour descendre dans la grande ville de la contrée, Kikwit.

Il pourrait effectuer une descente à Kakobola, sur la rivière Lufuku près de Gungu qui abrite les chutes du même nom. Certains annoncent qu'il devrait sur place appuyer sur le bouton pour lancer l'électricité et donner l'éclairage à la contrée.

C’est un honneur pour le Kwilu qui reçoit cette XIIIème Conférence malgré tant de gaps dans l’organisation. C’est, de la part de l’État, signe de considération que les originaires devraient apprécier.
T. MATOTU.


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