- jeu, 08/01/2026 - 18:36
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1654 | VENDREDI 9 JANVIER 2026.
Alors que la compréhension des textes des accords de Washington signés le 27 juin et entérinés le 4 décembre 2025 par les présidents congolais et rwandais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et Paul Kagame, en présence du président américain Donald Trump ainsi que ceux de Doha, est à la base «des désaccords et des retards dans la mise en œuvre des mesures convenues», selon un rapport d'un groupe d’experts des Nations-Unies, les combats se poursuivent dans la province du Sud-Kivu et ont fait ces derniers jours quatre morts et plusieurs blessés.
Le texte explique ces retards par le fait que Kinshasa et Kigali « interprètent différemment l’accord de paix de Washington », soulignant la responsabilité de la neutralisation des FDLR et le retrait des éléments de l’armée rwandaise du sol congolais, deux des points divergents entre Kinshasa et Kigali.
QUATRE CIVILES TUÉS AU SUD-KIVU.
« La République démocratique du Congo et le Rwanda ont continué à interpréter différemment des dispositions essentielles de l’Accord de Washington, ce qui a entraîné des désaccords et des retards dans la mise en œuvre des mesures convenues.
L’un des principaux points de discorde était l’enchaînement des mesures décrites dans le concept général d’opérations, notamment la synchronisation des échéances, la responsabilité de la neutralisation des FDLR et le retrait de la Force de défense rwandaise (FDR) du territoire congolais », écrit le rapport.
Le groupe d’experts note que « la méfiance persistante, la rhétorique guerrière et les accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu ont continué à mettre en péril les deux initiatives de paix », qui sont les processus de Washington (Congo-Rwanda) et de Doha (Gouvernement-AFC/M23).
Le groupe relève des «divergences» entre l’AFC/M23 et le gouvernement congolais quant à l’interprétation de la déclaration de Doha, soulevant des attentes contraires des protagonistes.
« Le Gouvernement de la République démocratique du Congo s’attendait à ce que l’AFC/M23 se retire et accepte le cantonnement, tandis que les dirigeants de l’AFC/M23 ont insisté pour garder le contrôle des positions actuelles et chercher à s’intégrer dans les structures de l’État. Parallèlement, l’AFC/M23 a prôné l’autonomie par rapport au Gouvernement, en vantant les mérites du fédéralisme, et a continué à construire sa structure parallèle de type étatique et son armée en vue de réaliser cet objectif à long terme ».
Entre-temps, des combats qui se poursuivent au Sud-Kivu et opposent les Wazalendo pro-Kinshasa et la rébellion pro-rwandaise AFC/M23, ont fait ces jours-ci 4 morts et plusieurs blessés à Walungu. Tous des civils.
Les combats se sont déroulés dans trois groupements du territoire de Walungu. Ils ont commencé dimanche 4 janvier et se sont poursuivis lundi 5 janvier, principalement dans les villages de Bumbalali, Mwendo et Cirhavanyi. Plusieurs maisons ont été endommagées par des bombes larguées par le M23. Un habitant témoigne avoir vécu des affres durant les 48 dernières heures.
Les Forces armées, FARDC, et l'armée ougandaise, UPDF, ont démantelé un bastion des rebelles ADF à Matolo-Kaseni, près de la rivière Ituri. Une opération conjointe annoncée lundi 5 janvier lors d'une réunion d'évaluation dans la chefferie de Babila Bakwanza, territoire de Mambasa.
Les deux forces ont convenu de poursuivre et d'intensifier la traque des ADF dans d'autres villages où les rebelles tentent de se réorganiser pour attaquer la population.
Selon les FARDC, l'opération nocturne du 29 au 30 décembre a ciblé un grand bastion ADF à la limite des territoires de Mambasa et d’Irumu.
Des députés provinciaux et acteurs de la société civile, ayant accompagné la délégation militaire à Elake pour évaluer les progrès à mi-parcours, ont salué ces efforts en plaidant pour l'installation de positions militaires à Elake, Leta et Sita Rudi afin de sécuriser l'accès des populations aux champs.
Les forces vives de Mambasa appellent à étendre les opérations conjointes vers l'ouest de Lolwa et Menzimenzi, où les ADF se regroupent pour préparer de nouvelles attaques. Ces actions s'inscrivent dans une coopération de plusieurs mois entre FARDC et UPDF contre les ADF dans la région.
avec AGENCES.





