Félix Tshisekedi reçoit Ndayishimiye et Ramaphosa et rend visite à Sassou
  • lun, 06/07/2026 - 11:48

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1668 | LUNDI 6 JUILLET 2026.

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo vient d'avoir depuis mi-juin trois rencontres avec ses homologues de la sous-région.

D'abord avec le président burundais également président en exercice de l’Union africaine, UA, Évariste Ndayishimiye, venu le 22 juin en visite d’État à Kinshasa. À son arrivée, le chef de l’État burundais avait été chaleureusement reçu par son homologue congolais, accompagné de la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi.

Le 2 juillet, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo a accueilli dans la capitale le président sud‑africain, Cyril Ramaphosa. Et, le lendemain 3 juillet, il a traversé le fleuve Congo et a rencontré son homologue brazza-congolais Denis Sassou Nguesso.

Lors de la rencontre avec le président burundais qualifiée «de haut niveau» par les services de la présidence de la République, nul n'a oublié son contexte, celui «de nombreux défis communs auxquels font face les deux pays voisins, notamment sur le plan sécuritaire et sanitaire», a-t-on écrit sur le site de la présidence de la République.

Une visite qui témoignait «de la volonté des autorités congolaises et burundaises de consolider davantage les liens historiques de coopération qui unissent leurs peuples (...) Au cours de leur rencontre, les deux Chefs d’État ont échangé sur plusieurs dossiers d’intérêt commun.

Parmi les sujets au centre des discussions, la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, les mécanismes de coopération pour renforcer la stabilité régionale ainsi que la lutte contre les groupes armés qui continuent d’alimenter l’insécurité dans certaines zones de l’est de la RDC».

OPPOSANTS INVITÉS À BUJUMBURA.
Puis : «Cette visite d’État illustre la dynamique croissante des relations entre la République démocratique du Congo et le Burundi, deux nations dont les destins demeurent étroitement liés par leur proximité géographique, leurs intérêts communs et leur engagement en faveur de la paix, de la stabilité et du développement de la région».

Lors de la visite du président sud‑africain, le président congolais a appelé au respect des droits de l’homme dans la gestion des migrants en Afrique du Sud, notamment les ressortissants congolais. Il a appelé à une approche équilibrée dans la gestion des migrants en situation irrégulière, fondée sur le respect des droits fondamentaux et des valeurs de solidarité africaine.

« Nous faisons confiance à la sagesse des autorités sud‑africaines pour privilégier une approche plus équilibrée, conforme aux valeurs de solidarité africaine afin qu’une issue heureuse, apaisée et respectueuse des droits fondamentaux puisse être trouvée ». Félix Tshisekedi a reconnu le droit souverain de chaque État à appliquer ses lois migratoires, tout en insistant sur la nécessité de traiter ces questions avec humanité et dignité.

« Nous avons évoqué, avec toute la délicatesse requise, la situation de certains ressortissants africains vivant en situation irrégulière sur le territoire sud-africain, ainsi que les tensions que cette question peut parfois susciter. Nous comprenons pleinement que chaque État exerce sa souveraineté dans le respect de ses lois, de son territoire et de sa politique migratoire», a-t-il ajouté.

Cyril Ramaphosa a assuré que son gouvernement, guidé par la Constitution, est ferme en matière de protection des droits de l’homme. Les migrants, y compris ceux sans documents administratifs, doivent être traités avec dignité et sécurité. « L’équilibre dont le Président Tshisekedi vient de parler est précisément ce que nous recherchons. Nous voulons traiter cette question avec beaucoup de sagesse et de prudence, tout en répondant aux préoccupations des personnes confrontées au chômage et à la pauvreté dans notre pays ».

Pour lui, l’Afrique du Sud reste attachée au respect des droits de toutes les personnes vivant sur son territoire, tout en garantissant la sécurité de sa population.
Les deux dirigeants ont souligné l’importance de préserver la solidarité africaine et de trouver des solutions pacifiques aux tensions migratoires. Ramaphosa a également invité les pays du monde à ne pas fermer leurs frontières aux ressortissants congolais, rappelant que l’exclusion n’est pas une solution durable.

Au Congo-Brazzaville, ce fut pour Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, une rencontre «de travail de quelques heures avec son homologue Denis Sassou-Nguesso, dans le cadre des consultations politiques permanentes entre les deux Chefs d’État qui visent à renforcer le dialogue sur les questions d'intérêt commun», ont déclaré aux médias des sources officielles.

«Au terme de leurs échanges axés sur des questions d’intérêt commun et l’état de la coopération bilatérale, le président Sassou-Nguesso a réaffirmé sa solidarité avec la République Démocratique du Congo dans la riposte contre la maladie à virus Ebola.

Il a salué le leadership du Président Tshisekedi dans la gestion de cette crise sanitaire.
Cette rencontre, qui intervient alors que Kinshasa assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies, a permis aux deux dirigeants d’exprimer à nouveau leur volonté de consolider les liens historiques et fraternels entre leurs pays respectifs».

Au cours de leurs échanges, les deux dirigeants, ont déclaré des sources officielles, « ont passé en revue l'état de la coopération bilatérale ainsi que plusieurs dossiers régionaux. Les discussions ont notamment porté sur le renforcement des relations entre Kinshasa et Brazzaville, deux capitales liées par une histoire, une géographie et des intérêts communs (...).

Les deux chefs d'État ont saisi cette occasion pour réaffirmer leur volonté de consolider les liens historiques et fraternels qui unissent leurs deux pays, tout en renforçant leur coopération face aux défis communs, tant sur le plan régional que sanitaire».

Pense-t-on que le président congolais a évoqué, lors de ces trois rencontres avec ses homologues de la sous-région, le développement de ses rapports avec l'opposition autant qu'avec certains évêques catholiques de la CÉNCO, notamment les déclarations entendues ces dernières semaines ?

On sait au moins que des membres de l'opposition ont été appelés par le président en exercice de l’Union africaine, le président burundais, Évariste Ndayishimiye, à se rendre à Bujumbura et ont, du coup, postposé la manifestation du 8 juillet qu'ils avaient annoncée pour s'opposer à la proposition de loi sur le référendum votée par le Parlement.

Y voit-on un signe d'apaisement?
D. DADEI.


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