Plus de 300 morts à Rubaya
  • mer, 04/02/2026 - 05:15

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1657 | MERCREDI 4 FÉVRIER 2026.

C'est un bilan qui glace le sang : l’éboulement mercredi 28 janvier dans le périmètre minier de Kasasa, à Rubaya, territoire de Masisi, devient une catastrophe.

Dans une déclaration conjointe publiée samedi 31 janvier, la société civile du Nord-Kivu et des organisations féminines locales rapportent au moins 300 morts et une centaine de disparus. Face à l'exploitation illégale pratiquée sous le contrôle des rebelles, les forces vives exigent la fermeture immédiate des sites.

La catastrophe, provoquée par de fortes érosions, a enseveli des centaines de creuseurs artisanaux, mais aussi des commerçants, des femmes et des enfants présents sur le site. Plusieurs victimes ont été emportées par les eaux en crue des rivières Mumba, Osso et Rushoga, rendant les recherches particulièrement difficiles.

- Pour Telesphore Mitondeke, président de la coordination territoriale de la société civile de Masisi, ce drame était prévisible.

«L'ANARCHIE».
L'homme pointe du doigt une exploitation anarchique qui ne respecte aucune disposition du Code minier congolais.

«L’exploitation dans plusieurs carrés miniers, notamment le périmètre 4731 de Rubaya, est opérée sans aucune étude d’impact social et environnemental. Nous demandons l’arrêt immédiat de toute exploitation illégale dans les zones sous occupation jusqu’au rétablissement complet du cadre légal », a-t-il déclaré.

Un nouveau drame qui rappelle l'éboulement de juin 2025 sur le même site, qui avait déjà fait des centaines de victimes. Au-delà de l'aspect sécuritaire, c'est l'enjeu financier qui est dénoncé. Selon plusieurs sources, le site de Rubaya, actuellement sous occupation du mouvement rebelle pro-rwandais AFC/M23, constitue une source majeure de financement pour la rébellion.

Les rebelles prélèveraient des taxes générant jusqu'à un million de $US par mois. Les conditions de sécurité des mineurs sont totalement sacrifiées au profit de la rentabilité de guerre.

La société civile appelle les autorités nationales et les organisations internationales à agir pour couper les circuits de financement du conflit et protéger les populations civiles contre ces « mines de la mort ».

À Kinshasa, le gouvernement accuse, dans un communiqué publié samedi 31 janvier, le Rwanda, qui soutient la rébellion du M23, de tirer profit de l’exploitation illégale du coltan dans les zones occupées, notamment à Rubaya, avec des volumes estimés entre 112 et 125 tonnes par mois, une véritable économie de guerre.

Kinshasa dénonce les défaillances des mécanismes internationaux de traçabilité, ainsi que la responsabilité de certains acteurs économiques qui continuent d’acheter ces minerais malgré les alertes officielles.

Pour Kinshasa, ces pratiques sont de graves violations du droit international.
avec AGENCES.


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